#1 25-01-2023 14:49:30

olicha
Membre (BT)
Date d'inscription: 24-07-2013
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souvenir latin

bonjour,
Je vous partage ma participation (malheureuse) à un concours de BO
https://soundcloud.com/user-796480434/souvenir-latin

Un peu de contexte:
Je m'y suis intéressé une semaine avant la clôture des inscriptions (deux semaines avant la clôture des dépôts). J'avais vu passer l'annonce de ce concours largement avant mais j'avais jugé mon planning trop chargé pour me mettre ça en plus sur le dos. Il se trouve que j'ai découvert au dernier moment qu'il y avait un jour férié qui me libérait une journée. J'en ai profité pour y jeter un oeil et j'ai décidé de voir ce que je pouvais pondre dans la catégorie "sur scénario". C'était normalement l'option la moins chronophage puisqu'il "suffisait" de lire le pitch pour commencer à écrire la musique. Et comme j'ai préféré attendre d'être sûr de sortir quelque chose dans les temps avant de payer les frais d'inscriptions (ce qui donnait accès à tout le dossier), le pitch était léger: une jeune femme d'origine colombienne prépare une recette de son pays dans son appartement français et se souvient avec nostalgie de l'époque où elle vivait dans son village natal.
Contrainte: écrire pour un orchestre à cordes; aucun instrument additionnel.

J'ai commencé avec papier/crayon (gomme!) et contrôle/correction au piano.
Ca a donné le très court intermède central, rubato et nostalgique. Un peu court...

D'un cours sur la symbolique de la musique, j'avais retenu que le souvenir allait avec une rythmique ternaire.
J'ai cherché si il existait des rythmes latins ternaires et, au milieu de tous les binaires que je m'attendais effectivement à trouver, il y avait une rumba ternaire, d'origine colombienne en plus.

Là je suis passé sur ordinateur pour voir comment distribuer les percussions indiquées entre les cordes dont je disposais.
L'intérêt de travailler directement sur un séquenceur à ce moment-là est de pouvoir mettre en boucle deux mesures pour vérifier
comment sonnent les différents essais d'orchestration sur cette rythmique.
J'étais évidemment parti sur des "col legno" et autres "pizz Bartok" pour faire de la percussion avec des cordes, mais j'en suis rapidement revenu. Un jeu plus simple rendait la rythmique plus lisible et mieux adaptée à une mélodie supposée nostalgique.
Et là, c'est le métier acquis à écrire des commentaires et des divertissements sous la supervision de Jean-Luc qui a fait une bonne partie du reste. Il y a aussi mon habitude ancienne de l'orchestre où, pendant que je comptais mes mesures, j'avais eu tout le temps d'écouter comment les compositeurs jouent avec les différents registres des cordes pour renouveler l'intérêt de l'auditeur.
J'ai aussi essayé de respecter un conseil souvent donné en orchestration: que tous les instruments aient à un moment un passage un peu motivant pour jouer la pièce. D'où le solo de contrebasse.

Une fois ce premier mouvement écrit (directement sur l'ordinateur), il fallait un final. N'ayant pas trop le temps de chercher, j'ai choisi de reprendre mon thème sur une rumba binaire plus habituelle. J'ai repris le même jeu de changements de registres sans refaire le coup des solistes qui se superposent progressivement (il ne faut pas exagérer non  plus).

Ca m'a pris un jour férié (2 premiers mouvements) et un ou deux soirs (final) pour boucler la maquette.

Je suis cette année un cours de musique à l'image où l'enseignant insiste beaucoup sur le réalisme des maquettes et conseille de toujours rajouter quelque chose "de vrai" par dessus l'ordinateur. J'avais été impressionné cette semaine-là par le travail d'un camarade qui avait demandé à un copain violoniste de lui enregistrer la partie soliste par dessus ses banques de sons. Et en plus c'était simplement enregistré sur un téléphone portable.
Il m'a passé les coordonnées de son copain à qui j'ai demandé si il pouvait me faire non seulement les parties solistes, mais aussi jouer
le violon d'attaque 1 et 2 sur toutes les parties mélodiques. Bien sûr, il a fallu se mettre d'accord sur les conditions. Mais par rapport à ma pièce liturgique avec deux chanteurs dans un studio, ça allait.

Je me suis inscrit au concours. J'ai reçu le scénario et j'ai vu que je n'étais pas totalement dessus, mais j'étais très content d'avoir réussi à produire quelque chose. Le violoniste était très pris et ne pouvant enregistrer chez lui que la nuit quand il n'y a plus de bruit. J'ai un peu stressé pendant une semaine et je n'ai reçu les audios que la veille de la clôture des dépôts. Plusieurs versions de chaque passage entre lesquelles il a fallu choisir, avec quelques découpages et collages pour garder le meilleur de chaque version.
Même si je ne suis pas à la hauteur comme ingénieur du son, le rendu final donne une bonne idée de ce que j'avais en tête.

Une dernière remarque sur cette pièce: j'avais un peu honte de proposer à Polyphonies un morceau avec absolument aucune modulation et une harmonie aussi simple et répétitive. Mais ça correspond au besoin, assez proche de celui des librairies musicales où les réalisateurs vont piocher la musique de leurs films. Il faut qu'un monteur puisse facilement découper/rabouter la musique. Ce qui oblige les compositeurs à écrire des cycles de 4 ou 8 mesures interchangeables. Je me suis offert la liberté de mettre une levée sur mes mélodies, ce qui rend cette BO impropre à l'usage d'une librairie musicale. Mais il m'aurait été facile, si le réalisateur m'avait dit "je ne veux que cette variation et celle-là", d'extraire et recoller les morceaux retenus.

Bonne écoute!
Olivier

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