Réaliser ses travaux d’écriture à l’aide d’un éditeur de partitions (I)
Les logiciels éditeurs de partitions présentent bien des avantages. Aussi, j’encourage évidemment leur usage pour la réalisation des exercices d’écriture de notre école. A condition d’utiliser efficacement toutes ses fonctionnalités, un logiciel comme Finale, il en est de même pour les éditeurs équivalents, permet de réaliser des partitions avec une présentation graphique de niveau professionnel.
Lire l’article

- exemple de partition professionnelle
Depuis de nombreuses années, j’utilise un éditeur de partitions pour mettre en page mes compositions. Cet éditeur, le logiciel Finale, est très performant. Jusqu’à présent, il a toujours répondu à mes attentes concernant la présentation graphique de mes partitions. De plus, ce logiciel jouit plutôt d’une bonne réputation dans le milieu professionnel. Ces arguments m’ont paru suffisamment convaincants pour le conseiller ou tout au moins pour servir de base à cet article. Si vous possédez un autre logiciel, il vous suffira d’adapter ces quelques conseils. La comparaison avec Finale sera peut être intéressante à effectuer. N’hésitez pas à nous faire part de vos observations.
Afin de vous donner une idée d’une mise en page professionnelle obtenue avec Finale, vous pouvez consulter le document au format PDF ci-joint. Il s’agit d’un extrait d’une composition personnelle pour orchestre de chambre et soprane datant de 2004, “L’explication des métaphores”.
Vue d’ensemble
Premier conseil que je vous engage à suivre pendant votre formation et même plus tard pour vos créations personnelles : commencez toujours par réaliser vos travaux au papier. Votre éditeur est avant tout un outil de copie et de mise en page. La présentation graphique de la partition à l’écran ou imprimée doit correspondre strictement à celle que vous avez conçue sur le papier. Le plus de l’éditeur étant la qualité du graphisme.
La plupart des éditeurs de partitions offre une fonction tout aussi séduisante qu’agréable : on peut sélectionner les notes à l’écoute tout en les saisissant dans l’éditeur. Malheureusement, cette manière de procéder, qui en fait consiste à tatonner à la recherche du bon résultat sonore, est peu efficace pour penser l’écriture ou la composition. Elle va même à l’encontre de toute recherche musicale faisant appel à l’imagination et à la logique.
D’ailleurs, l’écriture à l’écran n’offre pas un recul suffisant. Ainsi, en composant, il nous faut par exemple pouvoir à tout moment visualiser la totalité d’une ligne mélodique ou d’une longue phrase musicale. Ce genre d’opération, qui revient constamment en écriture musicale s’effectue en un coup d’oeil sur le papier. Mais il n’en va pas de même si l’on travaille à l’écran. Il faut commencer la plupart du temps par recadrer l’image puis isoler le passage concerné. Encore faut il pouvoir l’afficher dans son intégralité à l’écran [1], ce qui a, de toute manière, le plus souvent pour effet de masquer d’autres éléments musicaux tout aussi importants.
Même si vous débutez avec votre éditeur de partitions, cherchez toujours à obtenir la meilleure présentation possible que ce soit pour mettre en page une composition personnelle ou une simple série d’exercices d’harmonie. Les travaux d’écriture doivent toujours être parfaitement lisibles [2]. Un jour ou l’autre, vous serez amené(e) à composer des pièces pour des instrumentistes. Qu’ils soient ou non professionnels, ils sont en droit d’exiger une présentation parfaite. C’est aussi d’ailleurs la moindre des exigences que peut formuler à ses élèves un professeur d’écriture :-).
Au prochain numéro du Mensuel, nous entrerons dans le vif du sujet en abordant la présentation des exercices d’harmonie avec Finale.
Suite de cet article : Réaliser ses travaux d’écriture à l’aide d’un éditeur de partitions (II)
Notes
[1] C’est rarement le cas en orchestration.
[2] Ce conseil est d’ailleurs tout aussi valable si vous réalisez et recopiez vos travaux manuellement.
article publié le mardi 8 février 2005 et lu 10668 fois.
Jean-Luc KUCZYNSKI est compositeur et professeur de composition musicale depuis 1988 aux ACM et depuis 1999 à l’école d’écriture et de composition Polyphonies.
Vous avez aimé cet article ? Alors partagez-le avec vos amis !
Articles les plus lus de Jean-Luc KUCZYNSKI
Petit lexique de l’étudiant en composition (mise à jour juin 2015)
Voici une sélection d’œuvres incontournables, classiques et contemporaines, que nous vous conseillons d’écouter et de lire en vous procurant les partitions (lorsque cela est possible, pour une majorité des œuvres présentées). Ce lexique traverse toute l’histoire de la musique occidentale (de Guillaume de Machaut à Pascal Dusapin).
Il est enrichi régulièrement de dossiers musicologiques vers lesquels pointent les hyperliens indiqués sur l’œuvre, le compositeur ou l’époque.
Nous conseillons de vous y plonger de temps en temps, et de la garder sous le coude tout au long de votre formation !
MISE A JOUR : juin 2015 Lire l’article
Article
Dans Dossiers musicologiques • le 23 mai 2015 • 28099 lectures
Chiffrages et notation des accords (I). Les chiffrages américains
Toute musique basée sur la tonalité et les modes, qu’elle soit classique, jazz, chanson ou autre dispose des même sept accords. Leur structure est relativement simple et strictement identique dans toutes les musiques. Toutefois, leurs chiffrages ou leurs notations différent et peuvent sembler parfois d’un abord complexe. Dans cette petite mise point, nous nous intéresserons d’abord aux chiffrages américains, utilisés en jazz et en musique de variété puis au prochain article, au chiffrage classique de la basse continue.
Article
Dans Comme par exemple • le 20 mars 2013 • 222494 lectures
Introduction à l’analyse : l’art de la variation dans la sonate k331 de Mozart (IV)
De tous temps, la variation a été un genre musical très prisé des compositeurs. Elle offre en effet des possibilités de renouvellement mélodique ou harmonique quasi illimitées. Poursuivons donc l’étude du premier mouvement de la sonate pour piano k331 de Mozart, dont nous avons déjà abordé le thème dans un précédent article, par l’analyse de la première des six variations. Et découvrons également l’art de la variation de Mozart. lire l’article
Article
Dans Comme par exemple • le 15 octobre 2015 • 31597 lectures
Lire une partition d’orchestre
Suivre la musique sur une partition d’orchestre est plus aisé qu’on ne pense avant de s’y être essayé. Toutefois, il importe de connaître certaines conventions de présentation qui régissent l’écriture d’une telle partition. Cet article présente les principales indications instrumentales à connaître et leur évolution, pour vous permettre, élèves de Polyphonies, de vous appuyer sur ce mémo, non seulement lorsque vous suivez la partition de l’œuvre que vous écoutez (activité que nous ne conseillerons jamais assez), mais aussi dans vos propres recherches en écriture ou vos travaux d’orchestration.
Article
Dans Comme par exemple • le 5 septembre 2007 • 94726 lectures
Tonalité, modes et atonalité
En réalisant nos premiers exercices sur le mode, certains élèves font parfois un raccourci erroné. A partir de l’armature de l’exercice, ils déduisent simultanément le mode et la tonalité affirmant par exemple qu’un exercice dont l’armature comporte un # à la clé, est en sol majeur. Or, l’armature indique la tonalité et non le mode. D’autres éléments musicaux sont nécessaires en effet pour le définir. Avec la seule armature comme indication, un # à la clé par exemple, nous pouvons simplement affirmer que nous sommes en tonalité de sol mais surtout pas que la tonalité est sol majeur. Un petit point sur ces deux notions, mode et tonalité, sera à mon avis source d’éclaircissement. Ce sera aussi l’occasion pour nous d’aborder la notion d’atonalité. Lire la réponse
Article
Dans Bonne question ! • le 4 mars 2008 • 37784 lectures